Le cholestérol est une substance lipidique naturelle essentielle au bon fonctionnement de notre organisme. Il participe à la formation des membranes cellulaires, à la synthèse d'hormones stéroïdiennes et à la production de bile. Environ 75% du cholestérol est fabriqué par le foie, tandis que 25% provient de notre alimentation. Bien qu'indispensable, un excès peut devenir problématique pour la santé cardiovasculaire.
Le cholestérol circule dans le sang sous deux formes principales. Le LDL (Low Density Lipoprotein), appelé "mauvais cholestérol", transporte le cholestérol vers les tissus et peut s'accumuler dans les artères. Le HDL (High Density Lipoprotein), ou "bon cholestérol", récupère l'excès de cholestérol des tissus pour le ramener au foie où il sera éliminé.
L'hypercholestérolémie peut résulter de plusieurs facteurs. Les causes principales incluent :
Un excès de cholestérol LDL favorise la formation de plaques d'athérome dans les artères, réduisant leur calibre. Cette athérosclérose augmente significativement les risques d'infarctus du myocarde, d'accident vasculaire cérébral et d'autres complications cardiovasculaires graves. Une surveillance régulière est donc indispensable.
Le bilan lipidique, réalisé par prise de sang à jeun, mesure le cholestérol total, le LDL, le HDL et les triglycérides. En France, cet examen est remboursé par la Sécurité sociale sur prescription médicale. Il est recommandé dès 18 ans, puis régulièrement selon les facteurs de risque individuels et les recommandations de la Haute Autorité de Santé.
Les valeurs de référence en France sont : cholestérol total inférieur à 2g/L, LDL inférieur à 1,6g/L pour une personne sans facteur de risque (ou 1,3g/L avec facteurs de risque), HDL supérieur à 0,4g/L chez l'homme et 0,5g/L chez la femme, et triglycérides inférieurs à 1,5g/L. Ces seuils peuvent être adaptés selon le profil de risque cardiovasculaire du patient.
Pour les adultes sans facteur de risque, un contrôle tous les 5 ans est suffisant. En présence de facteurs de risque ou d'antécédents familiaux, une surveillance annuelle est recommandée. Après 50 ans, un bilan tous les 3 ans est conseillé, et plus fréquemment en cas de traitement médicamenteux.
Les statines constituent le traitement de référence pour réduire le cholestérol LDL en France. L'atorvastatine (Tahor®), la simvastatine (Zocor®) et la rosuvastatine (Crestor®) sont les plus prescrites. Ces médicaments inhibent l'enzyme HMG-CoA réductase, limitant la synthèse hépatique du cholestérol. Ils permettent une réduction du LDL de 30 à 50% selon la molécule et la posologie. La prise se fait généralement le soir, moment où la synthèse du cholestérol est maximale. Ces traitements sont remboursés par l'Assurance Maladie sur prescription médicale.
Les fibrates, notamment le fénofibrate (Lipanthyl®) et le gemfibrozil (Lipur®), sont particulièrement efficaces pour traiter l'hypertriglycéridémie. Ils agissent en activant les récepteurs PPAR-alpha, favorisant l'élimination des triglycérides et augmentant modérément le HDL-cholestérol. Ces médicaments sont indiqués en cas de dyslipidémie mixte ou d'hypertriglycéridémie isolée sévère, souvent en association avec les statines sous surveillance médicale stricte.
L'ézétimibe (Ezetrol®) bloque sélectivement l'absorption intestinale du cholestérol alimentaire et biliaire. Ce médicament réduit le cholestérol LDL de 15 à 20% en monothérapie. Il est souvent associé aux statines pour optimiser l'efficacité thérapeutique, notamment chez les patients n'atteignant pas leurs objectifs lipidiques ou présentant une intolérance aux fortes doses de statines.
Plusieurs spécialités associent statine et ézétimibe en un seul comprimé : Inegy® (simvastatine + ézétimibe), Atozet® (atorvastatine + ézétimibe). Ces associations fixes améliorent l'observance thérapeutique et permettent une prise unique quotidienne. Elles sont particulièrement adaptées aux patients nécessitant une réduction importante du cholestérol LDL.
La surveillance des traitements hypolipémiants comprend un bilan lipidique de contrôle et la recherche d'effets indésirables. Les dosages suivants sont recommandés :
La levure de riz rouge (Monascus purpureus) contient naturellement des monacolines, notamment la monacoline K, identique à la lovastatine. Ces compléments peuvent réduire le cholestérol LDL de 15 à 25%. En France, ils sont disponibles en pharmacie avec une teneur limitée à 3mg de monacoline K par dose quotidienne selon la réglementation ANSES. Ils constituent une alternative intéressante pour les patients présentant une intolérance aux statines ou souhaitant une approche plus naturelle.
Les acides gras oméga-3 EPA et DHA, issus d'huiles de poissons ou d'algues, exercent des effets bénéfiques sur le profil lipidique. Ils réduisent principalement les triglycérides plasmatiques de 20 à 30% à doses thérapeutiques (2-4g/jour). Les oméga-3 augmentent également modérément le HDL-cholestérol et possèdent des propriétés anti-inflammatoires cardiovasculaires. Ils sont particulièrement recommandés en cas d'hypertriglycéridémie associée.
Les phytostérols et stanols végétaux inhibent l'absorption intestinale du cholestérol par compétition. Une consommation de 1,5 à 2g par jour permet de réduire le cholestérol LDL de 7 à 10%. Ces composés sont naturellement présents dans les huiles végétales, noix et légumineuses, ou ajoutés dans des produits enrichis. Ils constituent un complément efficace aux mesures diététiques.
L'extrait d'artichaut stimule la production de bile et favorise l'élimination du cholestérol. Le policosanol, dérivé de la canne à sucre, présente des propriétés hypolipémiantes modestes. Ces compléments s'intègrent dans une approche globale incluant alimentation équilibrée et activité physique pour optimiser la prise en charge du cholestérol.
Une alimentation équilibrée constitue la base de la prévention du cholestérol. Privilégiez les fibres solubles présentes dans l'avoine, les légumineuses et les fruits. Les poissons gras riches en oméga-3 comme le saumon et les sardines sont recommandés. Limitez les graisses saturées contenues dans la charcuterie, les fromages gras et les pâtisseries industrielles. Les huiles végétales (olive, colza) sont préférables au beurre. Intégrez des stérols végétaux naturellement présents dans les noix et graines. Évitez les plats préparés riches en graisses trans et privilégiez une cuisine maison avec des légumes frais.
L'exercice physique régulier augmente le bon cholestérol (HDL) et diminue le mauvais (LDL). Pratiquez au minimum 30 minutes d'activité modérée 5 fois par semaine : marche rapide, vélo, natation. L'activité physique améliore également la circulation sanguine et renforce le système cardiovasculaire. Même des activités quotidiennes comme monter les escaliers ou jardiner contribuent à maintenir un taux de cholestérol optimal.
Le stress chronique et le tabagisme aggravent les troubles lipidiques. Le tabac diminue le bon cholestérol et endommage les artères. Adoptez des techniques de relaxation : méditation, yoga ou respiration profonde. L'arrêt du tabac améliore rapidement le profil lipidique. Votre pharmacien peut vous accompagner dans votre démarche d'arrêt tabagique avec des substituts nicotiniques adaptés.
Adoptez ces habitudes simples au quotidien :
Votre pharmacien est un partenaire essentiel dans la gestion de votre cholestérol. Il vous conseille sur l'utilisation optimale de vos médicaments, vérifie les interactions potentielles et adapte les posologies si nécessaire. Il peut également réaliser un bilan lipidique par test capillaire et vous orienter vers votre médecin en cas d'anomalie. Ses conseils nutritionnels et son accompagnement personnalisé vous aident à atteindre vos objectifs thérapeutiques dans les meilleures conditions de sécurité et d'efficacité.
Les statines peuvent interagir avec certains antibiotiques, antifongiques et médicaments cardiaques. Évitez le jus de pamplemousse qui augmente leur concentration sanguine. Les fibrates nécessitent une surveillance renforcée en association avec les anticoagulants. Informez systématiquement votre pharmacien de tous vos traitements, y compris les compléments alimentaires et la phytothérapie, pour éviter tout risque d'interaction. Certains médicaments peuvent également influencer l'efficacité de vos hypocholestérolémiants.
Signalez immédiatement à votre pharmacien ou médecin : douleurs musculaires inexpliquées, fatigue intense, urine foncée ou troubles digestifs persistants. Ces symptômes peuvent indiquer une intolérance médicamenteuse nécessitant un ajustement de traitement. La surveillance biologique régulière permet de détecter précocement d'éventuelles complications hépatiques ou musculaires. Votre pharmacien vous explique les signes d'alerte à surveiller.
La régularité de prise est cruciale pour l'efficacité du traitement anti-cholestérol. Respectez les horaires prescrits et ne modifiez jamais les doses sans avis médical. Un arrêt brutal peut entraîner une remontée rapide du cholestérol. Votre pharmacien vous aide à organiser votre traitement avec des piluliers adaptés si nécessaire.