Le mal des transports, également appelé cinétose, est un trouble physiologique provoqué par un conflit entre les informations sensorielles perçues par l'oreille interne, les yeux et les récepteurs proprioceptifs. Ce déséquilibre survient lorsque le système vestibulaire détecte un mouvement que la vision ne confirme pas, ou inversement.
Les symptômes se manifestent généralement par des nausées, des vomissements, des vertiges, une pâleur du visage, des sueurs froides, une salivation excessive et parfois des maux de tête. Ces désagréments peuvent apparaître rapidement après le début du voyage et s'intensifier progressivement.
Plusieurs facteurs peuvent déclencher le mal des transports selon le mode de déplacement utilisé : les mouvements de tangage en bateau, les turbulences en avion, les virages et freinages en voiture, ou encore les oscillations en train. Certaines populations sont particulièrement vulnérables, notamment les enfants de 2 à 12 ans, les femmes enceintes et les personnes naturellement sensibles aux troubles vestibulaires.
Le mal de mer représente la forme la plus intense de cinétose. Les mouvements de tangage, de roulis et de lacet du navire créent des stimulations vestibulaires complexes. Les symptômes peuvent persister plusieurs heures et s'accompagner d'une prostration importante.
En avion, les turbulences et les changements d'altitude provoquent des sensations d'instabilité. La pressurisation de la cabine et l'impossibilité de fixer l'horizon aggravent souvent les symptômes, particulièrement lors des phases de décollage et d'atterrissage.
Le mal des transports routiers est fréquemment déclenché par :
Bien que généralement moins intense, le mal du train se manifeste par les oscillations latérales des wagons et les variations de vitesse. Les symptômes sont souvent plus légers mais peuvent durer pendant toute la durée du voyage, particulièrement sur les lignes sinueuses ou lors de la lecture en mouvement.
Les pharmacies françaises proposent un large éventail de traitements efficaces contre le mal des transports, adaptés aux différents profils de voyageurs et à l'intensité des symptômes.
Les antihistaminiques constituent la première ligne de traitement contre la cinétose. Le Mercalm (dimenhydrinate) se prend 30 minutes avant le départ, tandis que le Nausicalm offre une action prolongée de 6 à 8 heures. La Dramamine, disponible sans ordonnance, convient particulièrement aux adultes et enfants dès 6 ans.
Les patchs de Scopoderm (scopolamine) offrent une protection continue de 72 heures, idéale pour les longs voyages en mer. Le Vogalène (métopimazine), disponible en comprimés et suppositoires, traite efficacement nausées et vomissements déjà installés.
L'homéopathie propose des solutions douces comme Cocculine, sans somnolence ni contre-indications majeures. Le gingembre en gélules (500-1000mg) et les infusions de menthe constituent d'excellents remèdes phytothérapeutiques.
Adopter les bonnes pratiques avant et pendant le voyage permet de réduire significativement les risques de mal des transports et d'améliorer le confort de déplacement.
En voiture, privilégiez la place du conducteur ou du passager avant. En avion, choisissez un siège au niveau des ailes. En bateau, installez-vous au centre du navire, pont intermédiaire. Dans les transports en commun, orientez-vous face à la route et évitez les places dos à la marche.
Prenez un repas léger 2 heures avant le départ, évitez les aliments gras, épicés ou acides. Privilégiez les féculents et les protéines maigres. Hydratez-vous régulièrement par petites gorgées et évitez l'alcool et les boissons gazeuses.
La préparation psychologique joue un rôle crucial : visualisez positivement votre voyage, adoptez une attitude détendue et n'hésitez pas à faire des pauses régulières lors de longs trajets.
Les enfants sont particulièrement sensibles au mal des transports, généralement à partir de 2 ans. Les médicaments doivent être spécifiquement adaptés à leur âge et leur poids. La dompéridone et la métopimazine sont souvent prescrites en pédiatrie, avec des dosages précis selon l'âge. Les formes galéniques comme les suppositoires ou les solutions buvables facilitent l'administration. Il est essentiel de respecter scrupuleusement les posologies recommandées et de consulter un professionnel de santé avant tout traitement chez l'enfant de moins de 6 ans.
Pendant la grossesse, le choix des traitements est limité. La doxylamine est généralement considérée comme sûre et constitue souvent le premier choix thérapeutique. Les alternatives naturelles comme le gingembre peuvent être envisagées, bien que leur efficacité soit variable. Il est recommandé d'éviter l'automédication et de consulter un professionnel de santé pour adapter le traitement selon le terme de la grossesse et les antécédents médicaux.
Chez les seniors, une attention particulière doit être portée aux interactions médicamenteuses et aux effets secondaires. Les antihistaminiques peuvent provoquer une somnolence accrue et des troubles de l'équilibre. Une révision de l'ensemble des traitements en cours est nécessaire avant de prescrire un traitement contre le mal des transports.
La plupart des médicaments contre le mal des transports peuvent provoquer de la somnolence, rendant dangereuse la conduite automobile. Les contre-indications incluent :
Une consultation médicale s'impose dans plusieurs situations. Si les symptômes persistent plus de 24 heures après la fin du voyage, cela peut révéler un trouble de l'équilibre nécessitant un bilan approfondi. L'échec répété des traitements en automédication ou l'aggravation des symptômes malgré un traitement approprié justifient également un avis médical. Pour les personnes voyageant fréquemment et dont la qualité de vie est impactée, un traitement préventif personnalisé peut être mis en place. Enfin, certaines situations particulières comme la grossesse, les pathologies chroniques ou les interactions médicamenteuses nécessitent un accompagnement pharmaceutique ou médical spécialisé.