L'alopécie désigne une perte anormale ou pathologique des cheveux, qui peut être temporaire ou définitive. Le cycle capillaire normal comprend trois phases : la phase anagène (croissance active de 2-6 ans), la phase catagène (régression de 2-3 semaines) et la phase télogène (repos de 2-3 mois). Il est normal de perdre entre 50 et 100 cheveux par jour.
Les facteurs responsables de l'alopécie sont multiples :
Il est essentiel de distinguer la chute temporaire (effluvium) de la calvitie permanente. Les signaux d'alarme incluent une chute soudaine et massive, des plaques dégarnies ou un affinement progressif du cuir chevelu.
La forme la plus courante touche 70% des hommes et 40% des femmes. Chez l'homme, elle se manifeste par un dégarnissement des tempes et du vertex. Chez la femme, elle provoque un affinement diffus préservant généralement la ligne frontale. Cette alopécie résulte de la sensibilité des follicules à la dihydrotestostérone (DHT).
L'alopécie areata (pelade) se caractérise par des plaques rondes et lisses, souvent réversible. L'effluvium télogène correspond à une chute diffuse temporaire suite à un stress, tandis que l'effluvium anagène survient lors de traitements comme la chimiothérapie.
Un diagnostic précis nécessite une consultation dermatologique. Le médecin peut prescrire des examens complémentaires : trichoscopie, bilan sanguin (fer, hormones thyroïdiennes, vitamines), ou trichogramme pour analyser le cycle pilaire et orienter le traitement adapté.
Le minoxidil, disponible sous les marques Alopexy et Regaine, constitue le traitement topique de première ligne contre la chute de cheveux. Ce vasodilatateur se présente en solutions à 2% et 5%, ainsi qu'en mousse pour une application plus pratique. L'application quotidienne sur le cuir chevelu sec stimule la circulation sanguine et prolonge la phase de croissance des cheveux.
Le finastéride (Propecia) est exclusivement réservé aux hommes souffrant d'alopécie androgénétique. Ce médicament oral inhibe la 5-alpha-réductase, enzyme responsable de la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), principal facteur de la calvitie masculine.
Pour les femmes, des traitements hormonaux peuvent être prescrits selon le profil hormonal. Les compléments alimentaires enrichis en cystine, biotine, zinc et fer soutiennent la santé capillaire de l'intérieur. Les shampooings médicamenteux et lotions spécialisées complètent efficacement ces traitements systémiques.
Les shampooings anti-chute et fortifiants constituent la base d'une routine capillaire adaptée. Formulés avec des actifs stimulants comme la caféine, l'adénosine ou les peptides de cuivre, ils nettoient en douceur tout en préparant le cuir chevelu à recevoir les soins concentrés.
Les sérums et lotions stimulantes nécessitent une application méthodique sur cuir chevelu sec, section par section. Le massage circulaire du bout des doigts améliore la pénétration des actifs et stimule la microcirculation. Ces gestes quotidiens renforcent l'efficacité des traitements.
Une hygiène capillaire douce, évitant les agressions thermiques et chimiques, préserve le capital pilaire existant et optimise les résultats des traitements anti-chute.
Une alimentation riche en protéines de qualité constitue la base d'une chevelure saine. Les cheveux étant composés principalement de kératine, il est essentiel de consommer suffisamment de protéines animales et végétales. Les vitamines du groupe B, notamment la biotine et l'acide folique, ainsi que les vitamines C et E, jouent un rôle crucial dans la croissance capillaire. Les minéraux comme le fer, le zinc et le sélénium sont également indispensables.
Le stress chronique peut provoquer une chute de cheveux temporaire ou aggraver certaines alopécies. La pratique d'activités relaxantes, un sommeil de qualité et la gestion de l'anxiété contribuent à préserver la santé capillaire. Il convient également d'éviter les coiffures trop serrées, les brushings répétés à haute température et l'utilisation excessive de produits chimiques agressifs.
Une consultation médicale s'impose lorsque la chute dépasse 100 cheveux par jour de façon prolongée, en cas d'apparition de zones dégarnies, de démangeaisons persistantes ou d'inflammation du cuir chevelu. Les changements brutaux dans la texture ou la densité capillaire doivent également alerter, particulièrement chez la femme en période de ménopause ou après un accouchement.
Le dermatologue établit le diagnostic précis et prescrit les traitements appropriés. Le pharmacien joue un rôle essentiel dans le conseil, l'orientation thérapeutique et le suivi des traitements. La patience est cruciale car les résultats des traitements anti-chute ne sont généralement visibles qu'après 3 à 6 mois d'utilisation régulière. Une surveillance des effets secondaires potentiels et un ajustement personnalisé du traitement permettent d'optimiser les chances de succès thérapeutique.