Le VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine) est un virus qui attaque le système immunitaire de l'organisme, particulièrement les lymphocytes T CD4+, cellules essentielles à la défense contre les infections. Ce virus appartient à la famille des rétrovirus et possède la capacité de s'intégrer dans l'ADN des cellules infectées, rendant l'infection chronique et permanente.
Le VIH se transmet uniquement par contact direct avec certains fluides corporels infectés. Les modes de transmission incluent :
Il est important de distinguer le VIH du SIDA. Le VIH est le virus responsable de l'infection, tandis que le SIDA (Syndrome d'Immunodéficience Acquise) représente le stade avancé de l'infection VIH, caractérisé par un affaiblissement sévère du système immunitaire et l'apparition d'infections opportunistes ou de cancers spécifiques.
Les traitements antirétroviraux actuels en France appartiennent à plusieurs classes thérapeutiques, chacune ciblant une étape différente du cycle de réplication virale. Ces médicaments, utilisés en association, permettent de réduire la charge virale à des niveaux indétectables et de restaurer l'immunité des patients.
Cette classe comprend les inhibiteurs nucléosidiques (INTI) comme la zidovudine (Rétrovir®) et l'emtricitabine (Emtriva®), ainsi que les inhibiteurs non nucléosidiques (INNTI) tels que l'efavirenz (Sustiva®) et la rilpivirine (Edurant®). Ces médicaments bloquent l'enzyme transcriptase inverse, empêchant le virus de convertir son ARN en ADN.
Les inhibiteurs de protéase comme le darunavir (Prezista®) et l'atazanavir (Reyataz®) empêchent la maturation des nouvelles particules virales. Les inhibiteurs d'intégrase, notamment le dolutégravir (Tivicay®) et le raltégravir (Isentress®), bloquent l'intégration de l'ADN viral dans le génome cellulaire.
La prise en charge moderne privilégie les associations fixes combinant plusieurs molécules en un seul comprimé. Les principales combinaisons disponibles en France incluent :
La prophylaxie pré-exposition (PrEP) consiste en la prise d'un traitement antirétroviral par une personne séronégative avant une exposition potentielle au VIH. Cette stratégie préventive permet de réduire considérablement le risque de transmission du virus lors de rapports sexuels non protégés ou d'autres situations à risque.
Le Truvada® (emtricitabine/ténofovir disoproxil) reste le médicament de référence pour la PrEP en France. D'autres options incluent le Descovy® (emtricitabine/ténofovir alafénamide), particulièrement recommandé pour les patients présentant des facteurs de risque rénal ou osseux. La posologie peut être continue (quotidienne) ou à la demande selon le profil du patient.
La prophylaxie post-exposition (PEP) doit être initiée dans les 48 heures suivant une exposition au risque. Les conditions de prescription nécessitent :
L'efficacité de la PrEP atteint 99% en cas d'observance correcte. En France, ces traitements sont remboursés par l'Assurance Maladie sur prescription spécialisée dans les centres de dépistage anonyme et gratuit (CeGIDD) ou par les médecins formés.
La charge virale constitue l'examen de référence pour évaluer l'efficacité du traitement antirétroviral. Elle doit être indétectable (< 50 copies/mL) après 3 à 6 mois de traitement bien conduit. La numération des lymphocytes CD4 permet d'apprécier l'état immunitaire du patient et guide les décisions thérapeutiques.
Les bilans hépatiques et rénaux sont indispensables avant l'initiation du traitement puis régulièrement. La surveillance comprend :
Les contrôles biologiques s'effectuent initialement tous les 3 mois, puis peuvent être espacés à 6 mois si la situation est stable. De nombreux tests de diagnostic rapide et produits d'auto-surveillance sont désormais disponibles en pharmacie, facilitant le dépistage et le suivi des patients sous traitement préventif ou curatif.
Les traitements antirétroviraux, bien qu'efficaces pour contrôler le VIH, peuvent occasionner divers effets secondaires nécessitant une surveillance attentive. Les principaux effets indésirables incluent les troubles gastro-intestinaux (nausées, diarrhées, vomissements), les réactions cutanées, les céphalées et la fatigue. Ces symptômes sont souvent plus prononcés en début de traitement et tendent à s'atténuer avec le temps.
Les troubles digestifs peuvent être soulagés par la prise des médicaments au cours des repas et l'utilisation de probiotiques. Les complications métaboliques, telles que les dyslipidémies et la résistance à l'insuline, nécessitent un suivi régulier des bilans lipidiques et glycémiques. Une attention particulière doit être portée aux interactions médicamenteuses, notamment avec les antifongiques, certains antibiotiques et les traitements cardiovasculaires.
Un suivi médical régulier est indispensable, incluant des contrôles biologiques périodiques (fonction hépatique, rénale, hématologique). Pour améliorer la tolérance, il est recommandé de :
L'accompagnement thérapeutique du VIH nécessite une approche globale incluant des produits de soutien spécifiquement adaptés. Les compléments alimentaires riches en vitamines C, D et E, ainsi qu'en zinc et sélénium, contribuent au renforcement du système immunitaire. Les oméga-3 et les probiotiques sont particulièrement recommandés pour soutenir la santé digestive et réduire l'inflammation.
La peau des patients VIH nécessite des soins dermatologiques adaptés avec des produits hydratants sans parfum et des crèmes réparatrices pour prévenir la sécheresse cutanée. L'hygiène bucco-dentaire revêt une importance cruciale : bains de bouche antiseptiques, dentifrices au fluor renforcé et brossettes interdentaires sont essentiels pour prévenir les infections opportunistes.
Un support nutritionnel approprié inclut des substituts de repas hyperprotéinés en cas de dénutrition et des compléments énergétiques. Parmi les produits de parapharmacie utiles figurent les solutions de réhydratation, les pansements cicatrisants et les désinfectants doux. L'adoption d'une routine de vie équilibrée, avec un sommeil régulier et une activité physique adaptée, optimise l'efficacité du traitement.